Architecture et patrimoine

Les forts

Fouras, gardienne de l'estuaire de la charente

Fouras, gardienne de l’estuaire de la Charente, a tenté d‘arrêter l’incursion des Vikings. Châtellerie dès le XIe siècle, elle percevra le droit de navigation sur les navires et les gabares empruntant le fleuve Charente. Théâtre de conflits, Fouras sera aussi aux premières loges dans la Guerre de Cent Ans. Au Moyen Age, à Fouras, le hameau de Chevalier était déjà connu et les terres maraîchères de Soumard réputées, comme la pointe de la Fumée et le port de pêche et côté sud. En 1480, le château (actuel Fort Vauban) sera reconstruit par Jean de Brosse. 

Dès le XIe siècle, le château de Fouras est érigé pour contrôler l’estuaire de la Charente et instituer un péage. Détruit avant 1351, le donjon est reconstruit par Jean II de Brosse, Maréchal de France, vers 1480. La création de l’arsenal de Rochefort en 1666 en fait une pièce maîtresse du système de défense des approches de la Charente dont il interdit l’entrée. De 1689 à 1693, François Ferry, ingénieur du roi Louis XIV, transforme l’ancienne demeure féodale en un « fort à la mer ». En épaississant les murs du donjon, il crée à 36 m au-dessus de la mer, une plate-forme de tir pour 9 canons. Il renforce le rempart médiéval et gagne sur la mer la fausse-braie pour porter le gros des canons et battre ainsi l’estuaire avec 3 étages de feu.

La fortification de Fouras reste active jusqu’à la fermeture de l’Arsenal en 1927. Classé Monument Historique en mai 1937, le Fort Vauban accueille aujourd’hui le Musée de Fouras.

 

Découvrez la richesse de l’histoire de Fouras-les-Bains au Musée régional, situé dans l’enceinte du Fort Vauban. Son équipe vous y accueille toute l’année.

Dès la création de l’arsenal de Rochefort en 1666, la question du contrôle de l’accès à la rade d’Aix va se poser. Malgré la maîtrise de Vauban dans l’art de la fortification, les projets de construction d’un fort sur la longe de Boyard vont être ajournés, faute de crédits et de moyens techniques jusqu’en 1804, année où débute l’enrochement du banc de sable. Après une suspension des travaux à cause des attaques répétées de la Royal Navy, le chantier reprend en 1840 pour finir en 1857 avec l’érection de la tourelle de vigie faisant office de sémaphore.

L’assise du fort est de 65m par 35m de large, les fondations seront achevées le 14 octobre 1848, date à laquelle commence réellement la construction du fort. Le fort sera équipé au nord d’un brise lame et au sud d’un havre de déchargement en 1859. Les trois niveaux de casemates devaient être armés de 74 canons afin d’obtenir la même puissance de feu que les vaisseaux du même nom sur lesquels Montalembert avait fondé ses réflexions. Le fort est une réplique en pierre des vaisseaux à trois ponts.

Aujourd’hui le Fort est très connu par la célèbre émission « Fort Boyard » et son « Père Fouras ». À partir de la pointe de la Fumée, plusieurs offres de croisières autour du Fort. 

Ce bâtiment appartient au type de fortification appelé redoute, destinée à barrer un passage obligé. Il s’agit de la plus grande des redoutes construites sur le littoral de Charente-Maritime vers 1673-1674.

Assurant la protection de la rade de l’arsenal de Rochefort, elle est implantée sur l’étroite péninsule de Fouras menant à la pointe de la Fumée et l’île d’Aix, cette redoute aux dires de Claude Masse « esté bastie en 1673 pour fermer l’avenue de la péninsule en cas que les ennemis eussent fait descente à l’isle d’Ainet ou à la pointe de l’Eguille » et « l’on n’y tient point de garnison. Il n’y a qu’un gardien et il n’y a point d’eau douce ». Il s’agit d’une simple position de tir et non d’un fort à part entière.

De cette redoute primitive construite par Sainte-Colombe en 1673 puis remaniée par Ferry en 1688, il ne reste que le volume, c’est à dire un quadrilatère de 58 m par 70 dont la mer ne vient plus désormais baigner que la face Sud-Ouest. Le travail de sape de la mer est tel que dès 1699, dans un courrier du 12 mai au ministre, Ferry précise que cette redoute, une des plus grande de France se trouve presque entièrement éboulée et qu’il ne reste plus que son logement, son pont et la masse de ses terres sur lesquels on puisse compter mais que sa position stratégique implique qu’il faille absolument « la mettre en sa perfection ». Il demandera constamment à ce qu’elle soit revêtue comme prévu au commencement des travaux. Elle sera finalement parementée sur ses quatre faces dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, reconnaissance à titre posthume pour ce brillant ingénieur.

 

À l’origine, les deux fossés d’isolement étaient alimentés par des vannes percées dans les batardeaux latéraux. Il y avait également deux flèches, l’une au sud qui permettait de couvrir l’écluse alimentant en eau le fossé et l’autre au nord lui faisant pendant. Les escarpes fortement talutées de la redoute maçonnée au XVIIIe siècle sont échancrées d’embrasures d’artillerie couvrant la rade de l’île d’Aix avec 16 pièces d’artillerie de fort calibre. La cour intérieure est accessible depuis le milieu de la face sud par une porte et un couloir étroit traversant le rempart. Dans les angles sud-ouest et sud-est sont placées deux casemates voûtées en berceau. Le long du mur nord était construit la caserne.

La redoute de l’Aiguille a été acquise par la commune de Fouras le 10 avril 2001. Le conseil municipal a immédiatement sollicité son inscription au titre des Monuments Historiques et le 19 septembre 2001, l’arrêté régional n°205 est pris. La Commission Régionale des Monuments Historiques : « Considérant que la redoute dite Fort de l’Aiguille à FOURAS (Charente-Maritime) présente un intérêt d’histoire et d’art suffisant pour en rendre désirable la préservation en raison de sa représentativité architecturale, de sa qualité de construction et de sa place au sein du système de défense de l’Arsenal de ROCHEFORT (Charente-Maritime) », inscrit la redoute à l’Inventaire Supplémentaire des monuments Historiques.

 

L’intégralité de la redoute est inscrite y compris les « vestiges de défenses avancées et les défenses contre la mer ». Après une première phase de déconstruction des bâtiments contemporains à caractère d’habitation et d’exploitation, le devenir de l’édifice sait fait jour. Positionné comme l’un des futurs éléments touristiques d’importance de Fouras, à mi-chemin entre le centre-ville et la pointe de la fumée, la redoute se présente comme un élément incontournable de l’interprétation du patrimoine fortifié offrant un « balcon » sur la mer des pertuis. À cette fin, la collectivité a mis en place, en partenariat avec l’association « Solidarités Jeunesses » depuis 2015, des chantiers internationaux de jeunes bénévoles. Ce travail permet une cristallisation des structures de ce monument, le préservant pour les générations futures mais également afin de permettre son utilisation dans un avenir proche.

 

Ainsi, la préservation du patrimoine est assuré. Les notions de partage et d’humanisme sont également à l’honneur dans cette action qui permet de porter notre culture à l’international. Ainsi le système défensif de « l’Arsenal des Colonies » se retrouve l’ambassadeur de notre patrimoine…

Situé entre l’île d’Aix et la Pointe de la Fumée à laquelle il est relié à marée basse par une passe, le fort est construit sous le Premier Empire afin de barrer l’accès à la rade de l’île d’Aix en complément du fort Boyard et du fort Liédot. Napoléon reprend à son compte un projet de 1763 de l’ingénieur Filley. Les travaux vont débuter en 1802 mais le plan d’origine sera modifié en 1810 par l’Empereur pour des raisons de coût et de délai et des problèmes de fondation. Sa structure se présente alors comme une batterie curviligne fermée à la gorge par un éperon couvrant le magasin à poudre. Ainsi dès 1811, le fort sera remis au Génie de la Marine afin de l’armer. 
 
Dès 1825, d’importants travaux d’entretiens ont lieu par son implantation en mer de plus il fut plusieurs fois réactualisé jusqu’en 1905. En effet comme pour le fort de l’île Madame, d’importantes modifications auront lieu lors de la Monarchie de Juillet (vers 1840), le ministre de la Guerre ordonne en 1845 la création d’un second étage de tirs au moyen de casemates soutenant une plate-forme. En 1863 et 1864, il fut la cible avec le fort Liédot  des premières expériences de tir de l’artillerie rayée, toutefois étant revêtu de plaques de blindage métalliques, il se trouva moins endommagé que son homologue. D’importants travaux de réhabilitation ont lieu depuis 1994. 

On peut se rendre au Fort Enet à pied à marée basse. Visites guidées organisées, se renseigner à l’office du Tourisme. 

Le premier fort est implanté à « la pointe de la terre à l’embouchure de la rivière Charente » en 1672 par l’ingénieur La Favollière, pour barrer l’accès à l’arsenal de Rochefort situé en amont, lors de la menace hollandaise, alors que le projet initial prévoyait une batterie de canons et une redoute pour abriter 100 hommes. Mais très vite un contrôleur signale des malfaçons avec les murs qui se révèlent incapables de résister à l’action de la mer si bien qu’en 1689 le fort est déclassé, il ne reste donc plus sur la rive droite de la Charente que le fort du Vergeroux. Il faut attendre la descente anglaise de 1757 sur l’île d’Aix pour que la reconstruction du fort soit décidée. 

 
Un mur d’escarpe revêtue, implante au plus près de la Charente dont le lit s’envase, donne à l’ancienne batterie un plan en demi-cercle de 130 mètres de diamètre. Aucune embrasure n’étant ménagée dans le parapet, les pièces tirent à barbette. Quand à la gorge de la batterie, elle est défendue par un redan non revêtu protégé par un simple fossé en eau. 

Dans un mémoire sur la défense de Rochefort, de juillet 1810, Delauge estime que le fort « est dans un état de délabrement qui ne lui permet pas de porter le nom de fort ». Il n’a alors ni poste ni fossé et surtout son escarpe d’une hauteur de 5,60 mètres est  envasé au deux tiers de sa hauteur. Le projet défini par la Commission mixte d’Armement des côtes pour 1848 consiste à établir un nouveau parapet en terre du côté de la Charente afin d’y installer 10 pièces d’artillerie et à construire un corps-de-garde défensif pour 60 hommes servant de réduit à la batterie.

 

Les travaux reprennent au début des années 1860 avec la construction d’un mur d’escarpe avec créneaux de fusillade à l’endroit d’anciens petits bastions de terre, l’un d’eux faisant office d’entrée du fort. Les fondations du corps-de-garde défensif sont reprises pour construire un casernement traditionnel pour 78 hommes, à l’intérieur duquel prennent place les magasins à poudre et d’artillerie. D’autres travaux sont réalisés à la fin des années 1880 afin de doter le fort de nouvelles pièces d’artillerie, avec la réalisation de plates-formes en béton munies de rails de pivotement et de stockages d’obus.

 

Déclassé au début du XXe siècle, le fort, est aujourd’hui une propriété privée (11 propriétaires).

L'architecture Balnéaire de Fouras-Les-Bains

Coup de projecteur sur la villa « Marie Thérèse »

Le XIXe siècle est une période de mutation importante avec le développement, sur nos côtes, du tourisme balnéaire. Le goût pour les bains de mer s’inscrit dans l’esprit du thermalisme et du courant hygiéniste. Désormais l’on vient affronter les eaux froides de l’océan afin de s’assurer une bonne santé. La mer n’est plus uniquement un lieu de travail, elle devient un lieu de plaisir.

 

Forte de ses nombreux atouts, Fouras va se développer dès la première moitié du XIXe siècle grâce à ses nombreuses plages, ses deux ports, ses espaces boisés, ses paysages variés et ses falaises.  C’est d’ailleurs sur le rocher de la Nombraire que les premières villas de Fouras furent édifiées. 

 L’architecture de villégiature se caractérise par son éclectisme mais de grands types se dégagent :  

L’arrivée du chemin de fer, à partir de 1883, va permettre l’importation de matériaux et faciliter la polychromie et l’exubérance des décors. Le déclassement de la forteresse en 1889, accentue encore ce mouvement en libérant les architectes des contraintes militaires. Il n’y a alors plus de limite aux projets de construction. Ces différentes catégories vont se juxtaposer dans le temps et l’espace, en fonction des goûts et les moyens des propriétaires.

L’une des caractéristiques de cette architecture est son lien privilégié avec l’environnement. En effet, les villas n’étant pas jumelées ou mitoyennes comme les maisons de ville, elles s’ouvrent davantage sur l’extérieur grâce à des galeries, des loggias ou des oriels (fenêtres en encorbellement). Le jardin revêt également une grande importance et le paysage subit une mutation avec l’introduction d’arbres exotiques plantés en remplacement des chênes verts. Fouras se trouve particulièrement concernée grâce à son climat très propice et son appartenance à l’arsenal des colonies, grand pourvoyeur d’essences exotiques.


Fouras-les-Bains compte de nombreuses villas remarquables, témoins de l’évolution architecturale « des villas de plaisir », qui font le charme de notre ville. Elles sont toutes privées et souvent habitées, visibles de l’extérieur en se promenant dans les rues mais ne se visitent pas. Nous avons pu rencontrer les propriétaires et vous dévoiler l’histoire de certaines d’entre elles.

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